Mardi 28 mars

MARDI 28 MARS 2000

Bonjour,

Je sais depuis longtemps que je ne pourrai pas aller pour des problèmes d'emploi du temps avec les acrobates voir les singes à Bossou, là où les derniers coups de manivelle seront donnés. J'ai donc décidé d'aller dans ce village avec l'estafette composée de Pape Saur, Conaté et l'Inspecteur Régional de la Jeunesse. Bossou est le village des chimpanzés qui peuplent la forêt sacrée qui le surplombe. Des mais y sont installé une base pour les étudier. Il existe également un institut guinéen d'Etude Scientifique avec un directeur passionné, et incollable sur ces singes (Cette variété de singe est la plus proche de la race humaine).

Pour arriver à Bossou, il faut suivre une belle piste et plus on avance, plus on a l'impression de se transporter dans les décors de " Kirikou et la sorcière ", avec les mêmes arbres, les mêmes couleurs chaudes, les grandes variétés de vert, etc…

Après avoir vu les autorités, mes collègues de l'estafette sentent bien que j'ai envie d'aller faire un tour dans la forêt sacrée. Ils mettent tout en œuvre pour me faire plaisir et vers midi, nous partons Pape Saur et moi, accompagnés d'une jeune guide, Pascal.

Et là, commence une aventure que chaque personne, chaque enfant a envie de vivre et découvrir : les singes dans leur milieu naturel. C'est d'abord une lente progression dans la forêt vierge (ça aussi c'est une première pour moi) avec le guide qui fait le passage avec un petit sécateur et puis la lente montée vers le haut de la colline sacrée. La forêt devient de plus en plus dense mais rassurez-vous aucun boa, aucune panthère, aucune grosse araignée mais des pentes parfois abruptes et des chemins parfois à peine praticables. De temps en temps, Pascal nous arrête pour écouter les bruits de la forêt. Parfois, il pousse un cri pour les appeler. Au bout, à une demi-heure et en grande transpiration, nous arrivons à un endroit où nous retrouvons deux autres guides. Et d'un seul coup, des cris retentissent, des branches craquent, des feuillages tombent par terre. Ils sont bien là, mais où. Des guides ont amené quelques régimes de bananes et vont les placer au pied de certains arbres et nous demandent de nous asseoir et d'attendre. Au bout d'un moment, ils approchent peu à peu, nous sommes à une quinzaine de mètres et là, je me mets à faire des images. Moment de pur bonheur, j'ai une pensée pour Verena Vienne et J. Y. Collet, réalisateurs du film " Le peuple singe " et j'imagine le travail et la patience. Au bout d'une demi-heure, Pape Saur me rappelle qu'il faut partir, ce que nous faisons avec regret.

Quand nous arrivons au stade vers 15 heures, celui ci est à moitié plein déjà. L'ambiance est bon enfant, des marchands à la sauvette ont pris place, ici et là. Les dieux du ciel ont l'air d'être avec nous. Vers 20h30, le spectacle commence avec un service d'ordre inefficace, qu'il faut solliciter toutes les cinq minutes (ils regardent attentivement le spectacle) et avec certains comme Mauri, Jean Michel, Daniel et d'autres, nous prenons en main la sécurité en secouant un peu ceux qui sont chargés de la faire. Le spectacle se termine sans incidents (les miracles existent), le groupe électrogène tombe en panne juste à la fin du spectacle. Nous rentrons à l'hôtel où, à la fin du repas, une discussion vive oppose les " gens " de théâtre à ceux du cinéma. C'est la fin du voyage, les gens sont fatigués, le tournage a été éprouvant pour des tas de raisons.

Philippe

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