Jeudi 16 mars

La première nuit passée sous la case s'est bien déroulée. A vrai dire, avec tous ces voyages depuis quelques jours nous avions un grand besoin de sommeil. Nous avons été réveillé d'assez bonne heure. Il y a toujours de l'animation dans les villages africains. Balangou est donc le village de Mauri, personnage haut en couleurs, âme de la troupe. 2000 personnes y habitent et sont toutes de la même famille. Il est composé principalement de cases, regroupées en concessions. Une mosquée est en construction (comme beaucoup de villages d'ailleurs) à l'écart.

Nous habitons, Daniel et moi, dans la concession des parents de Mauri. Ceux-ci sont les seuls à posséder la télévision, alors tous les soirs, une soixantaine de personnages se pressent devant le petit écran dans la cour pour regarder les informations ou suivre un film. Et ça cause, et ça cause...

La journée a consisté à préparer le site pour les spectacles qui auront lieu à Kankan sur le stade pelé, écrasé de soleil, plein de poussière, le 17 et 18 mars.

Un des gros problèmes et surtout pour moi est la chaleur écrasante qui règne sur cette ville grouillante de vie et commerçante. Je me mets à rêver, depuis quelques jours, de l'hiver.

Nous sommes à peu près à la moitié de notre voyage, du tournage du film. Chacun commence à trouver sa place, non sans heurts et parfois vives discussions. Des signes d'énervement sont parfois perceptibles, mais vous n'en saurez pas plus car je ne suis pas l'envoyé spécial de journaux à scandales...

Un film est aussi et peut-être avant tout une aventure humaine et, comme pour le couple, pour le meilleur et pour le pire...

[Précédant][Suivant]