Vendredi 10 mars
Samedi 11 mars

Tana wa lali,

Ces deux jours, nous les avons passé le plus souvent à rouler. La première journée a consisté à rallier Kouroussa (350km sur un bitume excellent). Nous sommes passé du Fouta Djalon, région verdoyante et montagneuse à la température supportable, à des étendues plus sèches et moins escarpées mais écrasées par un soleil étouffant. Comme on disait à Toulouse : "Il tombait du feu".

Nous sommes arrivé en fin d'après-midi à Kouroussa, en pays malinké. Ce village a une histoire particulière. C'est là ou est né Camara Laye (auteur de L'enfant noir et frère de Madou). C'est là où ont été tournées beaucoup des séquences du film de Laurent, L'enfant noir. Les retrouvailles, sept ans après, entre certains techniciens (Olivier, Amar, Manzat, Claude,...), Laurent, et les habitants et acteurs du précédant film ont été intenses et chargées d'émotion. Madou -qui vit toujours à Kouroussa- était très fier et aux anges.

Le samedi, nous avons quitté Kouroussa pour Siguiri, au nord-est de la Guinée, en direction du Mali. C'est vraiment dans cette étape que j'ai eu l'impression de rentrer au cœur de l'Afrique. Des images de livres de géographie me sont revenues à l'esprit. Et là, on ne parle plus en km, mais en heures de piste. La piste, c'est comme une route, assez large, mais sans goudron, et plus ou moins en bon état, et qui dégage des nuages et des nuages de poussière rouge qui s'incruste partout. Vous ajoutez en plus de chaleur (41° à l'ombre) et vous comprendrez les difficultés de progression du convoi. Enfin, y'a pire comme situation. Que toute ma famille et mes amis se rassurent, mon dos a tenu... pour l'instant. La piste continue.

Ourala (en malinké)

[Précédant][Suivant] - [mots d'humeur]