Jeudi 9 mars

Tana wa lali,

La journée du 9 mars a commencé par un petit déjeuner agité. Des échanges verbaux assez vifs ont eu lieu entre les membres de la troupe, entre les jeunes et les anciens. Comme quoi les conflits de génération n'ont pas de frontière. Les guinéens m'ont mis à l'écart de leur mise au point et m'ont demandé de ne pas filmer la discussion. Ce que j'ai fait.

Laurent a ensuite explique ce qu'allait être la journée. Il s'agirait de faire découvrir à la troupe des choses de leur patrimoine et de leur culture. Ainsi la matinée serait consacrée à des visites; quant à l'après-midi, aurait lieu une rencontre avec les Nyamakalas. Laurent filmerait tout cela.

Le matin donc, sous la conduite du guide Chérif, toute la troupe a découvert la villa syli qui au départ était la maison où logeaient les gouverneurs et qui est devenu la résidence d'été de Sékou Touré. Ensuite, tout le monde a pu en savoir plus sur la case à palabres, immense case servant à abriter les réunions des 12 chefs de canton du Fouta Djalon et du gouverneur. Les jeunes ont paru touchés et émus de la découverte de leur patrimoine et fiers d'en savoir un peu plus sur un personnage qui reste en Guinée une figure légendaire : Sékou Touré.

L'après-midi a consisté en une rencontre avec les Nyamakalas, sorte d'artistes acrobates illuminés et qui font parfois aussi des numéros relevant de la magie. L'après midi a plus consisté à un "affrontement" par spectacles interposés qu'une rencontre véritable entre les deux groupes. Laurent paraissait un peu déçu au sortir de cette séquence. Par contre, je peux vous dire que pour filmer Laurent en train de filmer, il faut une excellente condition physique et un sacré sens de l'anticipation : comment il se déplace avec la caméra ! Ainsi, dans une séquence comme celle-ci, on a l'impression d'une sorte de chorégraphie entre Laurent, Jean-Marc, Olivier et Amar qui n'est jamais bien loin. Le tournage de cet après-midi a donc pour moi consisté en une partie de cache cache entre Laurent et moi. Et il ne fallait pas que je sois dans le champ. Je pense avoir réussi.

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