La danse des échassiers et une danse spectaculaire. Elle est connue de tous ceux qui s'intéressent aux danses traditionnelles. Elle est pratiquée par les groupes ethniques : Manon, Kono et Toma en République de Guinée, sont localisés dans les préfectures de N'Zérékoré, Lola et Macenta.
Les ressources agricoles sont nombreuses aux cultures vivrières : riz, maïs, patates douces s'ajoutent de plus en plus des cultures commerciales comme le café, le cola, les bananes, etc…
Le préfecture est riche d'artisanats différents : poterie, forge, sculpture, tissage.
En Guinée Forestière, les villages sont généralement protégés par un génie : il n'apparaît que lorsqu'un vieux meurt. Il arrive sous forme de tourbillon et pénètre dans la case mortuaire. Il communique avec l'assistance composée d'anciens par l'intermédiaire d'un homme (porte parole du génie). Il révèle les causes de la mort naturelle ou provoquée, du défunt. Il recommande des prières ou des sacrifices pour le repos de l'âme de ce dernier. Après cette cérémonie, le génie se retire dans la forêt et les anciens procèdent à l'inhumation. Le génie vit dans un bois sacré qui est interdit aux femmes. Pour éviter de venir à chaque décès, le génie transmet son pouvoir à un initié qui le symbolise à travers l'échassier ainsi qu'à chaque décès organise la danse des échassiers en l'honneur du génie. Avant la danse, un sacrifice est fait pour attirer son pouvoir sur l'échassier mais ce dernier ne pourra posséder pleinement cette puissance qu'à travers l'appel du tambour de base, sur lequel on verse un peu de sang de l'animal immolé.
De nos jours, la danse des échassiers est devenue aussi une danse de réjouissance mais la tradition n'est pas oubliée, on sacrifie toujours un animal quel que soit le lieu. Les musiciens de la danse des échassiers ne comprennent que des instruments à percussion. Il y a trois joueurs de tam-tam, l'orchestre est complété par les joueurs de hochets-sonnailles et de castagnettes. Un chœur et un homme accompagnent de ses chants les rythmes des musiciens.
Le costume du danseur sur échasse a toujours les mêmes caractéristiques. Le bonnet, de forme conique, est en étoffe orné de cauris, de graines et de morceaux de cuir coloré. Le visage du danseur est masqué par un gilet traditionnellement en fibre de palmier. Du bonnet, partent des tresses en tissu. Le haut du corps est caché dans une grande chemise très ample en toile rayée bleue et blanche, les mains restent à l'intérieur de cette chemise. La jupe en raphia, s'attache à la taille. Des clochettes sont souvent fixées à la ceinture. Le danseur porte aussi un long pantalon en toile qui descend jusqu'au niveau où ses pieds reposent sur les supports latéraux des échasses. Les échasses sont également recouvertes d'un tissu différent. Elles sont faites en nervures de palmier, léger. Leur hauteur est variable, suivant l'habileté du danseur, elles peuvent atteindre 2 mètres. Elles sont attachées au tibia des danseurs de manière à laisser les genoux libres pour les pas acrobatiques. LES DANSEURS
Lors d'une représentation de la danse des échassiers, les danseurs sont peu nombreux. Ils sont tous montés sur des échasses, à deux ou trois ils se produisent ensemble ou plus souvent en alternance. Ils sont suivis par des aides qui se placent de manière à prévenir une chute éventuelle. Pour certaines acrobaties, la participation des aides est absolument nécessaire pour maintenir une barre de bois ou un pilon. Les danseurs sont entièrement costumés.
La danse des échassiers est une suite d'acrobaties défiant les lois de l'équilibre. Les différentes figures sont séparées par des pas de marche rapide. Le public vibre et applaudit de marche aux différentes prouesses des danseurs.
Mais au-delà du spectaculaire, la danse des échassiers montre à tout un chacun qu'il est possible à l'homme de dominer les lois de la nature, d'échapper aux conditions d'existence habituelles (vie sur le sol, soumissions aux génies agraires).
Par Monsieur Mara KANFELA, Directeur du Musée
Ethnographique
(renseignement d'un Instituteur de Bounouma).