Samedi 4 mars.
L'installation de l'arbre continue. C'est long, c'est difficile. Chaque nouvelle
installation entraîne de nouveaux imprévus. Comme à Paris, lorsque je vois un
spectacle, je suis fasciné par cette multitude de détails que le public ne
connaîtra jamais. Lui, ce qu'il voit c'est un spectacle. Et il a raison.
L'envers du décor, c'est une somme de contraintes et de peines qu'on a du mal
à imaginer.
Au marché ce matin, dans un embrouillamini de ruelles en terre batture, je
marchais avec Daouda. Les commerçants nous regardaient avec étonnement. Il y
avait cette sorte de crainte, de leur part, comme de la mienne. C'est souvent de
la crainte que naît le racisme. Comme un bloc de glace qu'il faut à chaque
instant briser. Ici, il me semble que le meilleur moyen de briser le bloc de
glace est de sourire et de dire bonjour. Et chaque fois que c'est possible, de
serrer la main.
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