Vendredi 3 mars.
Depuis que nous sommes arrivés à Labbé, je me suis installé à l'infirmerie,
avec le docteur Rébecca, une femme cubaine qui travaille en Guinée depuis plus
d'un an. Tout le monde vient à l'infirmerie, maux de ventre, de tête, douleurs
diverses, petites ou grandes blessures. Pendant que j'écris mes notes,
j'entends ou j'observe le défilé des blessés du Circus Baobab. Il n'y a pas
de travail sans peine. Tout autour du stade de Labbé, dès notre arrivée,
s'est mis en place un petit marché : oranges, bananes, cigarettes, œufs durs,
bonbons. Comme à Tamagaly, l'autre nuit, c'est la vie des hommes que de se
nourrir, pauvrement ou richement, d'échanger des marchandises contre de
l'argent. Ici, tous les jours, cette lutte pour vivre est tangible, palpable,
nuit et jour. Il suffit de regarder à travers l'obscurité les multiples lampes
à pétrole, bougies allumées, qui toutes signalent un commerce, pour s'en
convaincre.
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